Une plante est qualifiée de toxique si les substances chimiques qu’elle contient ont un effet nocif sur la santé lorsqu’elle est touchée ou ingérée. Cet effet dépend de différents facteurs, dont voici les principaux :
« La dose fait le poison » : Une plante sera considérée comme plus ou moins toxique selon la dose à partir de laquelle elle produit un effet nocif. « La dose fait le poison » disait Paracelse… De manière générale et selon le mode d’exposition, toute substance est potentiellement toxique. Par exemple, 8 litres d’eau peuvent tuer un être humain (voir l’infographie publiée par le Courrier international).
Les propriétés intrinsèques de la plante : Selon les substances contenues dans les plantes, les mécanismes d’action et les organes-cibles ne sont pas les mêmes. Certains principes actifs irriteront par exemple les muqueuses, alors que d’autres attaqueront le système nerveux, les reins, le foie ou encore le fonctionnement cardiaque, pouvant entraîner des séquelles permanentes ou même la mort.
La partie de la plante et son stade de développement : L’effet peut varier selon la partie de la plante concernée. En fonction des plantes, les principes actifs peuvent par exemple se concentrer dans les feuilles, les fleurs, les graines ou les racines. Le stade végétatif de la plante ou sa maturité influencent également cette concentration.
Les éventuels traitements de la plante : Les traitements que la plante a subi (par exemple les fertilisants ou les pesticides) peuvent avoir un effet toxique.
L’environnement : Des éléments environnementaux comme la température ou l’altitude peuvent impacter l’action toxique de certains végétaux.
L’espèce concernée : Une même plante n’aura pas le même effet sur différentes espèces animales (voire dans certains cas sur différentes races). De par leur physionomie et leur métabolisme, les espèces ne réagissent pas de la même façon lorsqu’elles sont exposées à un toxique. Leur comportement sera aussi différent. Ainsi, les chiens seront par exemple susceptibles d’engloutir de grandes quantités tandis que les chats, en faisant leur toilette, risquent d’ingérer des produits se trouvant sur leurs poils.
Les caractéristiques individuelles de l’animal : L’état de santé de l’animal exposé joue aussi sur l’effet toxique, de même que son poids et son âge (le risque d’intoxication est plus élevé chez les jeunes et les plus âgés). Certains sujets sont par ailleurs plus sensibles que d’autres ou peuvent développer des intolérances, voire des allergies.
Les animaux domestiques développent des comportements qu’ils n’auraient pas à l’état sauvage. Par curiosité, par jeu ou par ennui, beaucoup de chiens et de chats ont tendance à goûter ou mâchouiller les plantes qui se trouvent dans leur environnement. Il est faux de penser que tout animal va « naturellement » s’abstenir d’approcher ou d’ingérer une plante qui pourrait lui causer du tort.
Le risque d’intoxication par les plantes est cependant modéré : il constitue une minorité des appels passés aux centres antipoisons au sujet d’animaux(1). Il existe bien d’autres dangers susceptibles de mener à une intoxication (voir l’article « Les sources potentielles d’intoxication des animaux (dépliant TVM) »).
Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une plante n’est pas toxique qu’elle ne comporte aucun risque ou effet indésirable (voir l’article « Des plantes non toxiques ? »).
(1) 14 % en 2012 en France pour le CAPAE-Ouest, 10.5 % en 2018 pour le Centre Antipoisons de Belgique, 18 % en 2018 en Suisse pour la Fondation Tox Info.
